Début 2008, Smahane me quitte, le premier décès qui me fait comprendre que la vie n'est pas éternelle et qu'à 16ans, elle peut se terminer.
Le 26 Août 2008, Karim s'en va, sa tumeur l'a tué. Je n'oublierais jamais ce jour, personne n'a osé m'annocer la nouvelle, ils craignaient tous ma réaction. Il* s'est enfin décidé à me le dire après que j'aie remarqué son comportement assez étrange, ses aller retour entre la pièce où je me trouvais et celle d'à côté me rendaient folle. "C'est Karim, Mounia.." "Qu'est-ce qu'il a Karim, parle la tu m'énerves" "Il est parti! Il ne reviendra plus, il est mort" . Ces paroles, ont failli me tuer, j'ai lâché tout ce que j'avais dans les mains et je l'ai attrapé par le cou, criant qu'il n'avait pas le droit de dire ça, que c'était faux, espérant de tout c½ur que ce n'était qu'une blague. Mais j'ai lu la tristesse qui régnait au fond de ses yeux, j'ai vu ces larmes qui ne demandaient qu'à couler mais que la fierté retenait ! Alors, j'ai compris qu'il m'avait, lui aussi, abandonné. J'ai pleuré, crié, j'avais mal. Je venais de perdre un frère.
Le 24 novembre 2008, un appel en fin de soirée m'annonce le décès d'Anouar, d'un accident de scooter. Ce jour là est gravé dans ma mémoire à jamais. Sa mort m'a anéantie, je ne voyais pas l'intérêt de vivre sans lui, je ne voulais plus vivre sans lui. Toutes ces promesses qu'on s'était faites, cet avenir qu'on imaginait ensemble, tout cela n'avait plus de sens. Je n'avais plus goût à rien, je voulais le revoir, le prendre dans mes bras et lui dire "Je t'aime". Je me suis renfermée sur moi même, ne voulant me confier à personne. Je voulais crier, hurler ma peine et ma haine, je n'y arrivais pas. Je faisais croire à qui voulait l'entendre que j'allais bien, ravalant mes larmes et les remplaçant par des rires et sourires hypocrites. J'avais mal, mon c½ur était brisé et aujourd'hui encore je souffre de son absence. Il était mon confident, mon double, mon frère de c½ur, mon tout et je l'ai perdu. Jamais je n'aimerais quelqu'un comme je l'ai aimé, aucun homme ne pourra prendre sa place.
Aujourd'hui, le 15 mai 2009, il est 13h20 et je regarde mes messages. J'en trouve un me disant d'appeler impérativement Mustapha, ce que je me presse de faire. A entendre sa voix, j'ai deviné qu'il s'était passé quelque chose. Il n'arrive pas à parler, il bégaye, il hésite à se confier. Il me dit "Myriam, elle est partie !" J'ai cru comprendre le sens de sa phrase mais je ne pouvais pas y croire, pas encore. Alors le cauchemar recommence?? Non, je ne voulais pas croire à ça, pas elle et pas maintenant ! Je lui demande de confirmer et je l'entends pleurer, me disant qu'il devenait fou, il vient de perdre sa s½ur. Je joins mes pleurs aux siens, je lui dis que c'est le destin, c'était son jour et on ne peut rien y faire... Myriam est décédée, elle aussi.
Elle est morte d'apné du sommeil, personne ne savait qu'elle était malade. Je raccroche et fond en larmes, je m'enferme dans ma chambre faisant mine de la ranger, je n'ai pas envie de parler. Je n'ai pas non plus envie d'aller en cours, pas pour l'instant du moins. Encore quelqu'un qui me laisse, encore un décès à affronter.
Je ne jouerais plus au piano comme je le faisais avec elle, je ne pourrais plus fréquenter "notre repère" pendant un bon moment et "la miff" n'existera plus sans elle.
En repensant à nos souvenirs, un sourire nait sur mon visage mais finit par être effacé par les larmes...